
Témoignage N°29 – Daniel
07/08/2026Témoignage N°30 - Juliana
Le projet "Cœur de Socios" vise à recueillir et partager les témoignages émouvants des supporters du FCSM, avec l'objectif de publier un recueil de 100 portraits pour célébrer les 100 ans du club en 2028.

Famille, foot et Culture en jaune et bleu
Nous rencontrons aujourd’hui Juliana, supportrice du FCSM depuis qu’elle est toute petite. « J’ai grandi dans une famille où l’on parlait beaucoup de foot et j’adorais cette ambiance. »
Une famille de foot, une fan du FCSM !
Elle a eu la chance d’aller très jeune au stade, en famille, accompagnée, entre autres, de son grand frère. Pour lui, c’était une fierté de se voir confier la mission de veiller sur sa petite sœur et aussi le bonheur de lui transmettre son amour de l’équipe. Elle se souvient de son premier match : Sochaux-Dijon. Au 1er rang, debout derrière la barrière, elle n’avait quasiment rien vu de la rencontre mais elle avait adoré l’ambiance du stade, ses chants. Devenue adolescente, elle se déplace pour suivre son équipe à l’extérieur. Elle aime cette idée de faire partie d’un groupe et de donner de sa présence pour soutenir les joueurs.
Elle s’abonne en 2014, année charnière qui a vu le club descendre d’un échelon. Si elle a été quelques fois en Populaires, elle aime l’ambiance de la tribune Forges. Là se crée un univers à part, familier, où l’on voit toujours les mêmes personnes que l’on ne voit jamais à l’extérieur, pourtant la plupart des spectateurs se saluent. On remarque quand les gens sont absents ou qu’ils ne viennent plus. « Je me souviens parfaitement d’un homme, qui, lors du dernier match en Ligue 1 avait annoncé qu’on ne le reverrait plus au stade et qui a tenu parole. »
Cet amour du club lui vient de sa famille. Cette passion se transmet depuis 3 générations. Tout commence avec son grand-père, ouvrier chez Peugeot, qui aimait aller soutenir son équipe fétiche au stade. Passion transmise à ses enfants et petits-enfants. « J’ai grandi dans une famille où l’on parlait beaucoup du FCSM, tout ce que je connais du club m’a été transmis par ma famille : l’ancien stade, Peugeot, les grands joueurs. Cela donne plus de contenu, de sens et de valeurs. »
Juliana nous fait pourtant une confidence surprenante : « Arrivée au moment de prendre mon indépendance et donc de quitter le nid familial, je me suis rendue compte que je n’aime pas le foot. J’adore l’ambiance familiale, mais sortie de ce milieu, je me suis aperçue que ce sport ne m’intéresse pas du tout. Ce que j’aime, c’est le FCSM, j’aime tout de Sochaux. » Outre l’ambiance à Bonal et les émotions partagées en famille, Juliana est sensible à la longue histoire du club et à son côté populaire.
C’est à l’été 2023 qu’elle découvre l’association Sociochaux. Les événements résonnent alors en elle et font vibrer sa fibre solidaire. Le côté très professionnel de l’association lui a immédiatement donné l’envie de s’engager. Elle y a rencontré des personnes très investies qui se sentaient profondément concernées par le projet du sauvetage. Tous ont fait face à un défi de taille, expérience inédite, il a fallu apprendre sur le tas. Masse de travail colossale qui nécessitait d’être très réactif. Juliana a intégré la commission communication pour quelques mois. Sa mission consistait à mettre en avant la levée de fonds. Le fait d’être dans le feu de l’action lui a permis de se structurer et de mener sa tâche à bien.
Mission accomplie et ô combien réussie, c’est le moins que l’on puisse dire puisque la collecte de fonds a atteint la somme inespérée de 800 000 euros. L’association est passée de quelque 300 adhérents à 11000. Forte de son succès et de son développement, les membres de l’association vont lancer de nombreux projets dans le but de créer des valeurs autour du club et de pérenniser le lien entre la population et le FCSM. A cette volonté est venu s’ajouter un autre événement : Montbéliard capitale française de la culture 2024.
Foot et Culture, Culture et Foot !
Pour Juliana, qui travaille au théâtre de Montbéliard, ce fût une opportunité exceptionnelle de faire se rencontrer 2 univers antinomiques : ceux de la culture et du foot. Elle a suivi de très près la réalisation du documentaire sonore d’Antoine Richard sur les jaune et bleu. Le réalisateur avait déjà réalisé un podcast sur les mythes du pays de Montbéliard et souhaitait travailler sur le FCSM. Les événements de l’été 2023 ont donné une toute autre dimension à son œuvre. Avec les autres membres de la commission projets, Juliana a eu carte blanche de la part des membres de l’association pour donner libre cours à son potentiel créatif. Elle s’est donc investie dans de nombreux projets tels que la nuit du foot, l’escape game.
Un modèle inédit de collaboration entre les bénévoles et les salariés du club a vu le jour. « Nous sommes entrés dans un milieu qui était très fermé. La descente en national est, pour partie, un mal pour un bien. Tout cela ne se serait pas passé si nous étions restés en Ligue 1. Les gens font confiance aux Sociochaux qui multiplient les projets : match des socios, billets suspendus, création de la fresque… » L’été 2023 a donc ouvert une période de changement. Changement au niveau de la gouvernance puisque le club a été repris par des actionnaires locaux et que l’association Sociochaux est représentée au Conseil de surveillance.
Et quel changement dans les mentalités ! Souvenons-nous du match inaugural de la saison 2023/2024 qui s’était soldé par une sévère défaite et qui a vu une bonne partie du public rester après le coup de sifflet final pour applaudir très chaleureusement les joueurs. Il y a une vraie bienveillance envers l’équipe. Les mentalités ont changé. « J’ai vu le public de la tribune Forges se lever pour la première fois de ma vie. Avant, ils étaient des spectateurs, maintenant ce sont devenus des supporters qui chantent et qui applaudissent leur équipe. »
La fréquentation bat des records. Pourtant, malgré tout cet engouement, elle ressent une petite inquiétude. Elle nous confie ne pas être très sereine à l’heure actuelle sur l’avenir du club toujours fragile. La question des finances doit encore être stabilisée sur le long terme. Certes il y a une forte mobilisation, une vraie ambition pour le club, mais il faut que le sportif suive, pour que la réussite soit totale.
Voilà pour le bémol du témoignage de Juliana qui nous a parlé, entre autres, d’une des périodes les plus sombres de l’histoire du club. Pourtant il ne ressort ni abattement, ni résignation mais au contraire combativité, mobilisation populaire et désir d’innovation.
Laissons lui le dernier mot :
« L’âme du club est dans les valeurs historiques et aujourd’hui, l’âme vient des supporters au stade et des personnes engagées, qui souhaitent faire vivre des projets par amour du club. »



