
Témoignage N°28 – Florian
14/05/2026Témoignage N°29 - Daniel
Le projet "Cœur de Socios" vise à recueillir et partager les témoignages émouvants des supporters du FCSM, avec l'objectif de publier un recueil de 100 portraits pour célébrer les 100 ans du club en 2028.

L'Odyssée de Dan avec le FC Sochaux
Nous rencontrons ce jour Daniel, qu’on appelle souvent Dan et qui vient tout juste de célébrer son 51ème anniversaire. Originaire de Lure, il a suivi des études en communication à Nancy avant de passer quelques années en Vendée puis de revenir s’installer en Suisse, dans la région de Nyon. Graphiste de métier, Dan a longtemps travaillé dans la presse suisse avant de se lancer dans des projets en indépendant il y a deux ans. Sa passion pour le FC Sochaux, club emblématique de son enfance, reste intacte et le pousse à s’investir en tant que socio.
Des souvenirs inoubliables au vieux Bonal
La passion de Dan pour le FC Sochaux a débuté dès son plus jeune âge. Il se souvient avoir assisté à son premier match en 1981, un Sochaux-Brest, à l'âge de 7 ans. « C’était un match nul, mais ça ne m’a plus quitté », confie-t-il. Son père, passionné de foot originaire des Vosges et devenu supporter du FC Sochaux, l’emmenait régulièrement au stade. Les moments où le public était en ébullition, notamment lors des buts sochaliens, lui ont laissé des souvenirs impérissables. « Mon père prenait toujours des places juste au-dessus de l'entrée des joueurs, et j’adorais quand ils nous faisaient signe en rentrant aux vestiaires », raconte-t-il.
Dan se rappelle de l'ambiance vibrante qui régnait dans l'enceinte du vieux Bonal lors des matchs et de l'excitation de voir des joueurs emblématiques comme Genghini, Paille ou Silvestre. « C'était génial de pouvoir voir les joueurs à la sortie des vestiaires, et j’ai pu récolter une belle collection d'autographes... que je regrette de ne pas avoir gardée », se souvient-il. Dans les années 1990, Dan assistait à de nombreux matchs, vivant des moments intenses, que ce soit à Bonal ou lors de déplacements. Il se rappelle avoir souvent changé de côté dans le stade pour se placer là où Sochaux attaquait pour les voir marquer. Les échanges d’écharpes avec les supporters adverses et l’ambiance électrique des rencontres restent vivaces dans sa mémoire. « C'était parfois un peu chaud quand on croisait les supporters adverses, mais il y avait aussi de jolis moments d’échanges », dit-il.
Dans ces années-là, Dan est également footballeur et il se souvient d’un match en particulier. Alors qu’il évoluait en juniors à Lure (aux Jeunesses Sportives Luronnes), il a eu l'occasion de jouer contre Sochaux en coupe de Franche-Comté, au tout début des années 90. Dans les cages, un certain Stéphane Cassard qui commençait alors à faire des apparitions sur le banc avec l'équipe première. Dan se souvient avoir failli lui marquer un but mais le poteau en a décidé autrement. Et finalement les siens se sont inclinés 2-0 au lieu de prendre la raclée annoncée.
En 2001, Dan a dû s’éloigner de la région pour s’installer près de Nantes, en Vendée, mais il continuait à assister à quelques matchs dès qu’il revenait en Franche-Comté. « J’avais un lien avec le club que je ne pouvais pas couper », explique-t-il. Et ce lien avec le club, Dan le transmet également dans ses autres passions. Grand amateur de musique « underground », celui qui avait lancé le fanzine Kerosène en 1995 n’oubliait jamais d’y glisser des clins d’œil au FCSM dès qu’il le pouvait. Ce qui lui valait quelquefois des chambrages (notamment de supporters stéphanois) mais lui permettait aussi de recevoir des messages et des marques de soutien dès que le FC Sochaux faisait l’actualité (dans les bons ou les mauvais jours). Il a gardé de nombreux liens dans ce milieu, dont certains sont toujours attachés au club et souvent à Bonal. Ils se reconnaîtront !
Un amour indéfectible malgré les tempêtes
Nous le savons tous, la situation du FC Sochaux a pris un tournant difficile en 2014 et le club a failli disparaître en 2023. Dan a ressenti une grande tristesse face à la dégringolade du club. « Chaque nouvelle était comme un coup dur, c’était difficile à croire, comme lorsque l’on perd quelqu’un de proche », confie-t-il. D’ailleurs, il utilise plusieurs le mot « drame » témoignant de son amour pour le club et de sa volonté de le voir rester debout. Il se rappelle avoir assisté à ce match de préparation à Divonne en 2023 contre Lens, entre les différents passages devant la DNCG, qui aurait pu être le dernier match de Sochaux en tant qu’équipe professionnelle. Il se souvient des mines déconfites des joueurs et du staff. « J'ai compris à quel point la situation était grave », dit-il.
Il se souvient aussi parfaitement du jour où il a appris que le club restait en National comme lorsqu’on se souvient des dates importantes de nos vies. « J'étais en vacances dans le Jura avec mon frère et nos enfants, et le début de ces vacances était particulièrement triste. » Cependant, cet évènement malheureux a également suscité un élan de solidarité. « Je ne pensais pas que cela allait déclencher autant d'engouement de la part des gens, mais j'ai reçu de nombreux messages de soutien de connaissances qui pensent à moi lorsque le club est au cœur de l’actualité, ça m'a touché », avoue-t-il. Le club lui colle à la peau.
Le retour de l’optimisme
Aujourd’hui, Dan est beaucoup plus concerné par le club et, revenu à une distance un peu plus raisonnable de Bonal, il assiste régulièrement aux matchs, bien plus qu’il ne le faisait lors des années précédentes, un peu plus creuses. « Je ressens un nouvel élan qui me rappelle les années 1980 et 1990 », dit-il. Il a confiance dans la direction et dans le travail des différents coachs. « J’aimais beaucoup Oswald Tanchot, qui a réussi à donner vie à une équipe montée à la hâte et qui semblait vraiment coller à l’esprit du club. Karim Mokeddem a fait du bon boulot mais la réussite n’a pas été de son côté. Je pense quand même qu’il aurait dû finir la saison », déclare-t-il, plaçant désormais toute sa confiance en Vincent Hognon.
Il évoque également ce match décisif de la saison 2024-2025 contre Nancy à domicile (13 septembre 2024), un moment clé qui aurait pu changer la trajectoire de l'équipe. « C'était tôt dans la saison, et ça ne s’est pas joué à grand-chose », souligne-t-il, regrettant les occasions manquées. Au fil des années, plusieurs entraîneurs ont marqué l'histoire du club et la mémoire de Dan. Il nous cite notamment Sylvester Takac, Guy Lacombe, Alain Perrin (né à Lure, comme lui) ou encore Hervé Renard, des figures qui ont laissé une empreinte indélébile. « J’ai toujours aimé leur approche et leur attachement au club », dit-il.
L’importance du partage avec les supporters
Dan évoque également l'importance de la communauté des socios, qui se retrouve même à l'étranger. Il a particulièrement apprécié la carte du monde des socios pour juger de l’étendue des soutiens et aimerait parfois covoiturer pour se rendre aux matchs. Il sait qu’un socio se trouve à Nyon aussi et d’autres dans les environs, et il serait curieux de les rencontrer. Son frère et son neveu se rendent parfois au stade avec lui et ses enfants, mais il lui arrive aussi de faire le trajet seul et aimerait bien partager ce moment (« 200km et 3h de route, c’est plus sympa à plusieurs »).
Parmi ses souvenirs les plus marquants, Dan cite le déplacement à Martigues pour la montée en 1998-1999, un moment fort en émotions partagé avec les ultras. Il se souvient également d'un déplacement à Bordeaux à l’époque de Zidane, Lizarazu et Duguarry, où Sochaux avait perdu 3-0 sous une pluie battante, un moment malgré tout gravé dans sa mémoire avec un retour en bus pour le moins chaotique, nous dit-il dans un sourire. « J'ai aussi eu la chance de voir la victoire au Stade de France contre Nantes avec mon père. J’étais en Vendée à l’époque et j’avais d’ailleurs fait le trajet aller avec des supporters nantais. Heureusement que je ne suis pas rentré avec eux ! » Il n’oubliera jamais la Panenka de Landreau et l'exploit de Richert. Il est heureux que son papa, décédé depuis, ait pu partager avec lui ces grands moments du club.
Dan se rappelle également d’un match épique contre Saint-Étienne (victoire 3-2 en 1994), où Olivier Baudry avait marqué un but égalisateur sur un coup franc avant de provoquer le but vainqueur après un fantastique retourné depuis l’extérieur de la surface. « La tribune a explosé, c’était phénoménal. Je me souviens d’un « supporter » de Sochaux qui s’était mis à insulter Baudry dès son entrée en jeu. Après le 3e but, je suis retourné le voir pour le chambrer, c’était assez jouissif ». Il nous indique que c’est son plus grand souvenir et qu’il a même escaladé les grillages ce soir-là. Une euphorie totale !
En fin d’interview, Dan nous confie une petite anecdote cocasse : à son arrivée en Suisse, vers Genève en 2005, il se met à jouer au foot les dimanches avec un groupe hétérogène en termes d’âges, juste pour le plaisir de taper dans un ballon. Un dimanche, avant de commencer à jouer, une voiture arrive sur le parking en faisant un gros dérapage sur les graviers : un jeune sort d’une 106 avec un maillot... du FC Sochaux. Dan ne l’avait jamais vu et à la fin du match, lui lance en passant « chouette maillot », étonné de voir un jeune porter ce maillot en Suisse. La discussion s’arrête là mais par la suite, sur le groupe Whatsapp de ces joueurs du dimanche, il voit le nom de... Romain Peugeot dans les destinataires. Après avoir cru à une blague, il réalise qu’il s’agit bien de l’arrière-petit-fils de Jean-Pierre Peugeot, fondateur du club !
Il aura l’occasion de le revoir quelques fois par la suite et d’échanger avec lui sur le club, si bien que Romain l’invitera à célébrer en loge au stade Bonal les 80 ans du club (en 2008). L’occasion pour Dan de croiser certains joueurs ayant marqué l’histoire comme Mehmed Baždarević, Faruk Hadzibegic ou Michaël Isabey. Romain Peugeot était encore jeune mais vouait déjà un amour indéfectible au club. L’histoire nous prouvera par la suite tout son amour avec son intention de reprise du club en 2023 puis sa participation active au sauvetage.
Pour Dan, le FC Sochaux représente bien plus qu'un simple club de football ; c'est une passion qui a traversé les générations. Avec des souvenirs gravés à jamais dans sa mémoire, il continue de vibrer au rythme de son équipe, fier de faire partie de cette grande famille, et prêt à soutenir son club quoi qu'il arrive. Dans son cœur, Sochaux est une partie intégrante de son identité, et il espère voir le club retrouver son lustre d'antan. C’est cette identité, cet amour de ces couleurs qu’il transmet aujourd’hui à ses deux fils, Victor (17 ans) et Gabriel (15 ans), qui feront certainement perdurer la tradition familiale. Sochaux vivra !



