
Témoignage N°32 – Julien
08/10/2026Témoignage N°33 - Georges
Le projet "Cœur de Socios" vise à recueillir et partager les témoignages émouvants des supporters du FCSM, avec l'objectif de publier un recueil de 100 portraits pour célébrer les 100 ans du club en 2028.

L'alsacien au sang jaune et bleu
À Colmar, on respire souvent au rythme du Racing Club de Strasbourg. Mais pour Georges, 45 ans, l’horizon footballistique se dessine à une heure de route vers le sud, du côté de Montbéliard. Ce boulanger de métier, pour qui les nuits sont courtes et le travail exigeant, a trouvé dans le FC Sochaux-Montbéliard bien plus qu’une équipe de football. "Fou", disent ses collègues ? Peut-être. Mais c’est une folie qui se vit, qui se transmet, et qui se crie dans les tribunes de Bonal en famille. Aujourd’hui, Georges se dit fier de raconter son histoire de supporter.
Bonal comme foyer familial
Georges a toujours envisagé aller au stade avec sa famille. Sa fille venait déjà aux matchs à l'âge de deux ans. Aujourd'hui, ses enfants sont âgés de 11 et 16 ans, la tradition de venir au stade Bonal ne s’est, quant à elle, pas arrêtée. “On arrive à l'ouverture des portes et on repart (soit heureux soit tristes) un peu avant pour éviter les bouchons comme nous avons de la route.”
Pour Georges, le choix de Sochaux était aussi une question de valeurs et de sérénité. “Pourquoi Sochaux et pas Strasbourg ? Au niveau sécurité, je n’ai pas peur d’y aller avec les enfants. À Sochaux, on est tranquille, on n’a jamais rien eu.” Georges a déjà assisté à des matchs à La Meinau : “ Il y a une bonne ambiance mais je ne retrouve pas les mêmes sensations.”
C’est ce cadre familial, cette possibilité de s’installer vers la TNS qui lui plait. En hiver ? Même pas peur : “Quand j’y vais avec les enfants, je leur mets une petite couette”. La famille détient ses abonnements en « populaires nord » à la droite de la TNS. Malgré la distance et les horaires compliqués notamment en National le vendredi soir, la famille était présente dès qu’elle le pouvait. “C’est vraiment notre truc à nous : soit à 4 avec mes deux enfants et mon pote, soit à 5 lorsque mon épouse peut venir”. D’ailleurs, il apprécie les événements organisés par le club autour du stade qui crée une belle ambiance familiale.
Sa fille est toujours heureuse de voir le Sochalion et prend des photos avec lui ainsi qu’avec Pierrette, une figure de proue des supporters. L’ensemble de ces événements participe à l’attachement que Georges et sa famille portent au club de Sochaux. Les soirs de match sont des soirées de fête.
Un club pas comme les autres !
L’histoire de Georges avec le FCSM est aussi celle d’une résilience. Son père travaillait à Peugeot à Mulhouse et suivait déjà le FC Sochaux, il a donc connu plutôt de loin l’époque de Frau, Pedretti, Santos...car il ne suivait pas encore le club personnellement. C’est sous l’ère Hervé Renard qu’il est vraiment “devenu” supporter, la dernière année de Sochaux en Ligue 1. Il a donc vécu la descente aux enfers. Il se souvient avec amertume de la vente par Peugeot, puis du passage douloureux sous les différentes directions chinoises. “Ça ne sentait pas bon. Plus de com’ qu’autre chose, on le ressentait nous en tant que supporters. Quand on ne voit jamais les investisseurs du club, ce n’est jamais bon signe.”
L’été 2023 a forcément été une période difficile pour lui. Alors qu'il était en vacances, loin de la région, le club a failli disparaître. « J’étais dans un stress total. » L'appel des Socios a été pour lui une évidence. Cet engagement dépasse la simple logique sportive. “Quand il y a eu l’histoire des Socios, je n’ai pas réfléchi. Cette année-là j’ai acheté plein de choses que je n’aurais pas pris aux enfants habituellement (goodies, joggings, vestes, doudounes…). On a essayé de donner de l’argent par ce biais également.”
Il est clair que Sochaux n’est pas un club comme les autres à ses yeux. Sochaux a été le premier club de foot professionnel et l’un des premiers à entraîner un “gros boom des socios”. Aujourd'hui, il salue la gestion du club : “Les comptes sont à jour, il y a une bonne gestion et c’est appréciable. Ils ont sauvé le club. (En parlant de Jean-Claude Plessis, Pierre Wantiez et Julien Cordonnier.)”
Un mot sur le centre de formation ? “Mine de rien, Sochaux est un des meilleurs centres de formation, tout le monde le sait, même ceux qui ne sont pas supporters de Sochaux. Konaté c’est une référence, Thuram également, on peut en citer d’autres… Pour le club, c’est très bien donc le fait de participer au rafraîchissement du centre de formation c’est une bonne idée.”
Une passion quotidienne et inébranlable
Pour Georges, Sochaux est une présence quotidienne. “Tous les jours, j’ai quelque chose de Sochaux sur moi.” Ses collègues de travail connaissent la règle d'or : “S’ils perdent la veille, il ne faut pas me parler le matin !” Sa passion est faite de souvenirs impérissables, comme cette fois où, à l'entraînement à Belfort, Florian Martin a eu un mot gentil pour sa petite fille remarquant ses beaux yeux bleus, ou encore le maillot collector d'Aldo Kalulu signé par tous les joueurs, offert par une amie à lui qui le savait fan du FCSM et qu'il garde précieusement. “Le maillot est précieusement encadré, personne n’y touche”, nous dit-il en souriant.
Il croit dur comme fer en l'équipe actuelle (cf: saison 2025-2026), qu'il juge être la meilleure depuis le sauvetage, avec des talents comme Benjamin Gomel ou Kapit Djoco, et l'apport technique d'Aymen Boutoutaou. Mais au-delà des résultats, c'est l'émotion pure qui le guide. “J’ai déjà pleuré au stade par émotion. Ce sont des choses que je n’arrive pas à expliquer. Je ne vais pas au bistrot, je ne fume pas, je ne bois pas : on va au stade Bonal et on est heureux.”
Georges continue de renouveler son adhésion aux socios chaque année, sa manière à lui de participer. Son souhait le plus cher ? “Le même que celui de Pierrette (une des plus fidèles supportrices du club) qui rêve de voir le club remonter en Ligue 2. “Je souhaite qu’il remonte non pas pour la gloire, mais pour tous ceux qui ont participé au sauvetage. C’est l’avenir, les enfants, pour le club aussi. Il faut leur donner envie d’y aller.”
“Si un jour, ils ont une chance de remonter, je prends une nuit d’hôtel le dernier soir de match pour éviter de rentrer tôt et profiter de ce moment au stade!” Alors, le rendez-vous a été pris ?



