
Témoignage N°24 – Cédric
27/03/2026Témoignage N°25 - Le Sochalion
Le projet "Cœur de Socios" vise à recueillir et partager les témoignages émouvants des supporters du FCSM, avec l'objectif de publier un recueil de 100 portraits pour célébrer les 100 ans du club en 2028.

Le Sochalion, Job-Passion
Notre Sochalion est aussi un passionné de foot, du FCSM… et socio jusqu’au bout des griffes. Au-delà de son job lors des matchs à domicile, il cache un cœur gros comme ça. Histoire d’un socio pas comme les autres.
Il était une fois un petit Sochalion…
Cela peut surprendre mais notre Sochalion est originaire de Franche-Comté. Papa Lion aime le foot, le FCSM et logiquement le lionceau devient fan de foot et gardien de but quand il a une dizaine d’années. Il nous raconte sa première venue à Bonal : « c’était en 2009 contre Auxerre. J’y vais avant tout pour faire plaisir à mon père, un peu à reculons. Je suis reparti rempli d’adrénaline. Cela a été un déclic vis-à-vis de mon amour pour le club et j’y suis donc retourné, avec mon père, mon grand-père qui travaillaient chez Peugeot. »
Aujourd’hui ces souvenirs restent très présents et provoquent des émotions dont le public n’a pas idée : « Mon grand-père est décédé du COVID et quand je suis à Bonal, je repense à ces moments avec lui, en particulier quand le stade est vide. »
Quand le hasard s’en mêle !
Mais quel est le chemin qui amène notre Sochalion supporter à devenir cet ambianceur hors pair ? Nous sommes en 2018, notre lionceau est devenu grand et, en parallèle de ses études de droit, il est à la recherche d’un job étudiant. En compagnie de son père, il fait le tour de différentes agences d’intérim. Après une journée éreintante, passablement découragé, il est prêt à renoncer lorsque Papa Lion insiste pour entrer dans une dernière agence. Il se souvient : « Mon père m’a forcé à en faire encore une. C’était un mercredi. On me dit alors que l’on recherche quelqu’un pour la mascotte à Bonal et dès le vendredi ! J’ai accepté, un peu à l’arrache et ils m’ont contacté, avec beaucoup de bienveillance, et j’ai intégré le rôle à ce moment-là. »
Ses premiers pas de Sochalion ne sont pas sur la pelouse mais sur le Parvis Nord : « J’ai commencé par distribuer des papillotes, faire des photos. » Une vocation est née car depuis, inlassablement, notre Sochalion se délecte, se réinvente, se nourrit (au figuré) des nombreux contacts avec les enfants, surtout, avec les familles, beaucoup, et avec tout autre supporter prêt à lui faire des câlins.
« Le club me demande d’être au contact, au plus près des gens. De faire des photos, d’être présent sur les stands, proche de la tribune famille, des ateliers de coloriage ou FIFA. En boutique… » Voilà pour la fiche de poste.
Il prend du plaisir, l’animal !
Notre Sochalion va plus loin, poussant la conscience professionnelle dans des endroits inexplorés : « Je parle avec les mains, les gestes. Les familles me font repenser à mes premiers moments vécus en tribune avec la mienne, les papas, les photos. C’est instinctif ! Avant le match, autour du terrain, j’essaie de passer le plus possible de bons moments avec eux. Souvent ils m’attendent, entre 15 et 45 minutes. Si je ne peux pas, je leur fais signe que je reviendrai après. Et je reviens !
Avec l’expérience, j’ai plus de liberté. Je ne prévois rien et fais en fonction de mon ressenti, en fonction de l’endroit du stade, si je sens les gens ouverts, au challenge de la mi-temps. »
Notre fauve crée du lien dans cette foule proche et lointaine à la fois. Il n’est donc pas étonnant d’entendre qu’il a une relation particulière avec certains. Les enfants tout d’abord : « Il y a des enfants que je suis habitué à voir à chaque match. Qu’il y ait 1000 ou 15000 spectateurs, pour moi c’est pareil. Je suis très physionomiste. Et peu importe la période, les résultats, la saison, je cherche à mettre tout le monde de bonne humeur. Cela ne change pas. Sur le parvis, je me baisse souvent pour me rapprocher des enfants et j’ai droit à tellement de câlins. Des petites filles me disent je t’aime. Cela me touche mais les papas sont jaloux. J’ai droit à beaucoup de dessins, des bonbons, des lettres, des bracelets… mais je n’ai pas de poches ! On me demande aussi des autographes, sur papiers, tee-shirts, chaussures… mais c’est difficile d’écrire avec mes pattes.”
Il entretient également une relation particulière avec une supportrice bien connue : “Nous avons aussi rendez-vous avec Pierrette, à chaque match, depuis des années… pour un gros câlin»
Un succès largement mérité pour notre Sochalion qui prend très à cœur ce rôle quelquefois ingrat.
Coups de gueule !
En effet, n’allez pas croire, malgré ces moments magiques, que le job est de tout repos. L’image de l’animal royal se prélassant et baillant au soleil est réservée au documentaire animalier, pas à notre Sochalion de Bonal. Tout n’est pas jaune et bleu comme un ciel d’été sans nuages !
« Je reçois des insultes, des doigts d’honneur. Avec les supporters visiteurs, malgré les insultes, j’aime bien les taquiner. En général, ceux qui m’insultent je leur envoie plein de bisous. Cela a été le cas cette saison par exemple (2025-2026). Quelques rares personnes ne supportent pas la mascotte. Moi je suis un supporter avant tout et ces perturbateurs ne m’empêchent pas de penser avant tout à ceux qui m’apprécient.”
Esthétiquement : « J’aurais peut-être besoin d’un léger relooking mais le lion est symbolique de ce club. Et puis c’est ma première peau ! Les enfants ont de plus en plus la peluche. C’est aussi un support. La mascotte doit être rassurante, sans gestes brusques, s’adapter à chacun. »
N’oublions pas non plus, quand il s’agit d’évoquer quelques inconvénients à la fonction, le défi physique que peut représenter le rôle du Sochalion : « J’ai peu de repos lors des matches. Je me ravitaille lors de la première mi-temps mais je bois environ trois litres d’eau dans la soirée. J’ai toujours très chaud. Une fois en plein été, par 35°, j’avais fait un maximum de photos et je me suis senti mal. J’ai juste eu le temps d’aller demander de l’aide au poste de secours. »
Mais rassurons-nous, sa condition physique est excellente et notre Sochalion est en grande forme.
« Quelque chose à Bonal que l’on ne retrouve pas ailleurs »
Vous l’aurez compris, le Sochalion se régale : « Ce que je préfère, bien sûr, c’est être autour du terrain. C’est un jeu entre les supporters et moi. Quelquefois, je fais semblant d’emmener les enfants avec moi… puis je reviens. Avec certains, on invente des tcheks. Ils sont surpris que je m’en rappelle les fois d’après. Je profite un maximum de cette ambiance, c’est un club de cœur. Il y a quelque chose à Bonal que l’on ne retrouve pas ailleurs. Maintenant le club est sauvé, quelque chose de fort s’est bâti, on n’attend plus que la Ligue 2 ! »
Merci Sochalion et à très bientôt autour du terrain !



