
Questionnaire Municipales 2026
10/03/2026Témoignage N°23 - Baptiste & Bastien
Le projet "Cœur de Socios" vise à recueillir et partager les témoignages émouvants des supporters du FCSM, avec l'objectif de publier un recueil de 100 portraits pour célébrer les 100 ans du club en 2028.

Baptiste et Bastien, le FCSM fait partie de leurs vies !
Nous rencontrons aujourd’hui 2 amis d’enfance, Baptiste et Bastien, originaires du secteur de Mélisey et des 1 000 étangs, et supporters du FCSM depuis leur plus tendre enfance.
Baptiste
Jouant au foot, l’enfant qu’il était s’est vite identifié à l’équipe de la région. Le FCSM, ce sont plein de souvenirs : les discussions entre copains au collège qui créent un sentiment d’appartenance au groupe. Les soirées passées à regarder les matchs à la télé avec son frère et ses amis. Il adorait écouter Hervé Blanchard qui avait l’art de rendre vivants les matchs qu’il commentait.
Dans sa famille, on n’aimait pas beaucoup le foot mais il a tout de même été très jeune, au Stade Bonal. Il se souvient de son premier match : Sochaux - Guingamp en 2000, mais aussi des premiers matchs suivis en loge. Ce fut pour lui un événement extraordinaire car, pour la première fois de sa vie, il pouvait voir « pour de vrai » des joueurs. Un match, cependant, l’a définitivement fait chavirer dans une passion totale pour le FCSM : Sochaux - Marseille, lors de la saison 2001/2002. Victoire de Sochaux 3 à 0, ce qui avait provoqué la colère des supporters marseillais qui avaient cassé le grillage du parcage. Son match de prédilection restera, néanmoins, celui de la Coupe de France en 2007 et le déplacement avec ses amis : Bastien, Victorien, Emilien et Tony.
Bastien
Bastien se remémore très bien son premier match au stade Bonal : Sochaux - Auxerre en 2002. Le stade était bondé, il y avait une ambiance extraordinaire, et cette très belle frappe petit filet, à l’entrée de la surface de réparation, de Santos. Il nous cite également le dernier match de la saison. Il avait été y assister en famille. Les jaunes et bleus avaient battu Sedan 2 à 1 avec le deuxième but de nouveau marqué par Santos, joueur dont il a longtemps été fan.
Il se remémore ensuite les saisons 2007 et 2011. Pour 2007, c’est le parcours en Coupe de France qui reste le plus marquant pour lui, même si le Championnat fut riche en émotions. Teddy Richert est élu meilleur gardien, et un duo d’artistes, Ziani et Leroy, recrutés à l’été, illuminent la saison. Mais le point d’orgue restera, comme pour Baptiste, la finale contre Marseille vécue au Stade de France, avec les copains et sa famille. Les buts de la tête de Dagano et de Le Tallec, le stress ressenti lors de la séance des tirs aux buts, et, paradoxalement, la confiance en Teddy Richert. Quelle classe ! Le gardien a su réitérer, pour la deuxième fois, l’exploit de 2004. L’année 2011 a apporté beaucoup de joie et de bonheur. On survole le championnat grâce à une incroyable qualité technique et de nombreux buts inscrits par le talentueux quatuor offensif : Martin, Boudebouz, Ideye et Maiga.
Malgré ces 2 saisons riches en succès, ses plus belles émotions resteront les chants et l’ambiance du Stade Bonal, lors des 3 matchs de Coupe de France, contre des clubs de Ligue 1 : Lorient, Reims puis Rennes lors de cette saison du sauvetage 2023/2024. Les frissons !
Unis derrière Maxou … avec la bénédiction d’Hervé !
Bastien a quitté sa région natale pour ses études et sa vie professionnelle. Le FCSM a alors, toujours été son fil rouge. Que ce soit pour lier de nouvelles connaissances, car le club, vecteur de notoriété, suscite des sympathies, ou lors des soirées entre amis. Il imposait à ses copains stéphanois et lyonnais de regarder les matchs de Sochaux. Cela a toujours été une fierté de jouer avec le maillot jaune et bleu quand il était à Lyon, Paris ou Royan et de parler de l'histoire du club et de la région. Sochaux fait tellement partie de son identité que partout où il allait, il était considéré comme Sochaux et monsieur Cancoillotte. Il était à Royan lors de la création de l'association Sociochaux, mais, cela ne l'a pas empêché d'adhérer immédiatement, car, pour lui, Sochaux, c'est la Franche-Comté et le club ne peut donc, en aucun cas, disparaître. Dernièrement à Metz, Sochaux lui a de nouveau permis de s’intégrer et de devenir ami, très rapidement, avec Quentin, un collègue originaire du Thillot et fan du club. De même avec son colocataire messin, Mathieu, qu’il a convaincu, à force de parler du club, de devenir socio. Il l’a invité a découvrir Bonal et sa région en octobre 2024.
Nos 2 amis sont unis, entre autre, par l’amour du FCSM, mais également par une épreuve de la vie qu’ils ont traversé ensemble. Laissons Baptiste nous raconter son histoire familiale. Maxou, son frère aîné, aurait dû avoir 37 ans cette année. Atteint d’une maladie incurable, la myopathie de Duchenne, il s’est toujours battu, avec beaucoup de courage. Très entouré, il a bénéficié d’un soutien, sans faille, tant de la part de sa famille que de ses amis. Il était très sociable et s’intégrait facilement. Fan de rallye et de foot, ce dernier sport a toujours tenu une place importante dans sa vie.
Baptiste tient à nous parler d’un événement qui l’a marqué. Il était allé assister, avec son frère, au dernier entraînement avant le match Sochaux - Évian de 2014. A la fin de la séance, Hervé Renard est venu discuter avec le public présent et il s’est inquiété de savoir si Maxime venait au match le samedi. Or, il n’avait pas encore sa place et il n’était pas aisé de s’en procurer. L’entraîneur les a donc invités à le suivre dans les bureaux et a réussi à leur obtenir 2 places pour la rencontre. Ce geste de l’entraîneur restera gravé dans la mémoire de Baptiste et des siens.
Autre anecdote que Baptiste tient à citer : la rencontre fortuite avec Olivier Werner, gardien du club de 2015 à 2017. Pensait-il passer incognito lors de sa visite à l’hôpital de Besançon, étant donné que personne ne l’avait repéré ? C’était sans compter sur la perspicacité de Maxime qui fut le seul à le reconnaître. Le jeune homme avait eu la chance d’échanger avec lui et de faire des photos.
Maxime a quitté ce monde le 23 août 2022. Cette disparition a suscité beaucoup d’émotions, de nombreux messages ont été postés sur Twitter, dont celui d’Hervé Renard, qui avait tenu à s’associer à la peine de la famille. La cérémonie d’enterrement était prévue un samedi, jour de match, entre Sochaux et Niort. Bastien et ses amis d’enfance (la bande de la finale de 2007 et Alexandre) ont alors souhaité saluer la mémoire de leur ami. En 2018, Bastien avait remporté un jeu concours qui lui avait permis de rencontrer Michaël Isabey et d’obtenir le contact de Fabien Dorier, alors directeur de la communication. Il lui a donc demandé l’autorisation d’organiser une minute d’applaudissements et de diffuser la photo de son ami, tout en invitant Baptiste et sa maman au match pour leur faire la surprise. Stéphane Veaux a lu un texte, écrit par la bande de copains, retraçant le parcours du jeune homme et remerciant Baptiste et sa maman pour leur dévouement envers Maxime. Pour Baptiste, la victoire de Sochaux 4 à 0, ce soir-là, est un signe du destin. Il ne pouvait en être autrement.
Frédéric Grosjean, président du club de Mélisey, a également tenu à rendre hommage à Maxime lors du match de Coupe de France qui a vu le club de R2 recevoir le FCSM (2023/2024). Le coup d’envoi a été donné par Baptiste et Thibaut Pinot. Baptiste portait, ce soir-là, un tee-shirt à l’effigie de Maxime. La fin du match a été marquée par un envahissement de terrain et une véritable communion entre les supporters. Baptiste avait eu l’occasion d’échanger avec Oswald Tanchot et Jean-Claude Plessis.
Tous ses amis se sont cotisés pour qu'il ait son numéro (10 003) sur le maillot des Socios.
Ensemble encore derrière le club !
Courage, combativité, humanité et solidarité, des valeurs qui vont être au cœur de l’été 2023. Pour Baptiste, il était donc impensable que le club disparaisse. Il savait que le club rencontrait des difficultés, mais il a été fortement interpellé par ce déficit de 22 millions. D’un tempérament optimiste, il a toujours pensé que Sochaux serait sauvé. Il a été rassuré par les premiers messages de Mathieu Triclot soulignant la nécessité d’agir pour sauver le FCSM. Il se dit fier d’avoir participé à cet incroyable élan de solidarité. Partis de 300 adhérents pour arriver à 11000, nous avons su réinventer un modèle qui peut être source d’inspiration pour d’autres clubs en difficulté.
Bastien était déjà socio depuis plusieurs années lorsque la crise est survenue. A l’annonce de la relégation, il a plutôt été dans le déni. Son état émotionnel s’en est ressenti lorsque la DNCG a refusé le projet de reprise de Romain Peugeot. Il a assisté, impuissant, depuis son bureau de travail à Metz, au dernier entraînement du FCSM. Sentiment d’irréel, beaucoup d’incrédulité et des larmes versées. Il est parti se ressourcer quelques semaines en vacances et à son retour, l’annonce inespérée du rachat du club par Jean-Claude Plessis et Pierre Wantiez, qu’il considère comme des sauveurs, fut une délivrance. Il n’en oublie pas, pour autant, le travail colossal effectué par les membres de l’association Sociochaux. Reprenant le slogan de la TNS, il dit vouer une reconnaissance éternelle à ces 2 hommes.
Pour nos 2 supporters, ce sont des personnes simples et humbles qui aiment le foot populaire et ses valeurs. Ils soulignent que depuis 2014, l’équipe évolue dans un climat de souffrance morale. Il en va de même pour les supporters qui ont été, pour certains, traumatisés par l’épisode de Baskonia et l’arrivée des dirigeants chinois. Les supporters ont peur par rapport à la situation du club après 2023. Tous ces événements génèrent une attente importante et contribuent à créer de la frustration lorsque l’équipe ne gagne pas. Si les 2 amis se rejoignent sur la nécessité de la patience, leur vision différait pour le reste sur le plan sportif et sur la possibilité de montée lors de la saison de notre interview 2024/2025.
En dehors du sport, nos 2 amis sont très investis socialement. Baptiste fait partie des membres fondateurs des socios et a organisé un Téléthon tandis que Bastien est le cofondateur avec Nathan du projet Bus to Bonal de l’association Sociochaux. Baptiste et Bastien, c’est l’histoire d’une amitié qui traverse les épreuves. Baptiste a tenu à souligner combien l’aide et le soutien de son ami lui ont été précieux.
Le FCSM apparaît à plusieurs moments clés du récit. Présent dès le début, puisque les 2 jeunes supporters sont issus de familles ouvrières, ce qui les rend sensibles aux valeurs de travail et de persévérance qu’ils retrouvent dans l’ équipe. Présent dans les moments importants de la vie pour apporter soutien, réconfort et bonheur, ce portrait croisé nous permet de voir combien les destinées des hommes et celles du club s’entrecroisent.
Ce sont tous ces instants qui font que Sochaux doit vivre et que Sochaux vivra.



