
Témoignage N°18 – Freddy
09/01/2026Témoignage N°19- Damien
Le projet "Cœur de Socios" vise à recueillir et partager les témoignages émouvants des supporters du FCSM, avec l'objectif de publier un recueil de 100 portraits pour célébrer les 100 ans du club en 2028.

Racines, Identité, Fierté
Damien, originaire de Franche-Comté (“Surmont entre Sancey et Belleherbe” précise-t-il) est désormais installé en région lyonnaise. Il entretient depuis là sa passion FCSM et “essaie de la transmettre à ses deux enfants”.
C’est au départ une affaire de famille : “ma grand-mère écoutait les matchs à la radio ; mon père, son frère et son beau-frère allaient à Bonal ensemble. A 10-11 ans ils m’ont emmené avec eux”. Jusque-là, malgré cet environnement propice, Damien n’est pas super fan de foot. Son intérêt, c’est plutôt les jeux vidéos. Il a d’ailleurs un jeu de football, mais comme il ne connaît pas les équipes, il demande à son papa : “Benfica, ils sont bons ? Parce que je les ai battus”. Petit à petit, par l’intermédiaire de ce jeu mais aussi des épopées européennes de Marseille, Paris et Auxerre, il commença à devenir un passionné.
“Puis j’ai commencé à jouer, à aller au stade Bonal, en longeant la voie ferrée". (Qu’il longe toujours lorsqu’il va au match aujourd’hui). "On jouait le maintien à ce moment, c’était moyen, l’équipe, le jeu.” Des noms lui viennent : “C’était l’équipe de Sylvester Takac, Prat, Clément. On mettait la radio sur le chemin du retour et on rentrait pour "Jour de Foot”. Mais on a aussi vu des joueurs comme Henk Vos, Caveglia. On était en seconde, à l’abri, mais debout et j’avais souvent un poteau devant moi.” La ferveur sochalienne le prend. Des rencontres avec d’autres supporters aussi, qui lui racontent des époques qu’il n’a pas vécues, mais qu’il connaît désormais par cœur.
Le stade se refait une beauté et dans la configuration actuelle, c’est au Nord que Damien et sa famille prennent place, “un emplacement familial d’une dizaine de places. Je grattais souvent l’abonnement de quelqu’un d’autre. Aujourd’hui je ne vais plus trop à Bonal, juste pendant les vacances estivales, avec mon fils et ma nièce. Mais j’ai suivi 4, 5 matchs la saison passée en région lyonnaise, GOAL FC, Villefranche et puis Annecy un peu avant.” Damien et Bonal, c’est du courant alternatif : “J’avais perdu un peu le fil pendant mes années lycée. On jouait en ligue 2. Puis étudiant à Belfort, je retourne à tous les matchs : Pedretti, Meriem, Frau…” Ses expériences l’amènent à Bordeaux et Lescure, à Paris (“on a pris des branlées”) puis désormais à Lyon et il continue à soutenir depuis là où il est le FC Sochaux. “C’est encore un truc qui me rattache à la Franche-Comté, à mes racines.” Il a parfois dû faire profil bas au milieu des supporters, comme à Bordeaux, mais il n’a jamais eu de problème.
Damien, c’est aussi surtout un formidable promoteur du FC Sochaux. Il a convaincu plusieurs personnes à aimer le club : des amis bien sûr (dont certains sont potentiellement devenus Sociochaux), mais aussi son beau-père, loin du foot avant mais qui encore aujourd’hui regarde les scores. Il cite également le mari de sa nièce alors qu’il ne connaissait même pas la ville avant et qui est devenu socio, et bien entendu son fils, plutôt rugby, mais qui niveau foot ne voit que par Sochaux.
Quand il s’agit d’évoquer les valeurs qui le rattachent au FCSM, les mots lui viennent naturellement : “C’est un club de prolos et ce n’est pas du tout péjoratif (il est “plutôt Saint-Etienne que Lyon”). Un club populaire avec de la formation (c’est aussi notre marque de fabrique), du travail, laborieux, modeste. On ne sera jamais l’OL, Marseille ou le Milan AC mais on fait avec ce qu’on a et on le fait bien”. Il égrène les souvenirs qui à son niveau collent à cette identité du club : “La première Coupe de la Ligue contre Monaco, la seconde contre Nantes, 2007 bien sûr contre Marseille. On m’a aussi beaucoup parlé de l’année 1988, la finale de la Coupe de France et Mickaël Madar.” Les anecdotes fusent également : la mascotte de son école qui ressemble à s’y méprendre au Sochalion, et la confusion immanquable de l’un de ses amis déguisé de la sorte avec notre animal préféré. Des verres avec des supporters lensois aussi. Le souvenir d’un oncle décédé avec qui il allait au stade. “Ça fait plus un coup que d’autres car je le voyais tous les 15 jours au stade“. Plus récemment, à Villefranche, il croise des copains venus voir Mathieu Patouillet car proches de son club formateur de Sud Azergues.
L’été 2023 ? “Ce n’est que du foot mais là cela m’a vraiment attristé. C’était plus que du sport, quelque chose qui touche à mon identité. Après cette longue descente, les années Baskonia, aujourd’hui c’est presque un soulagement, en National, avec un club sain. Je me suis même abonné à l’Est Républicain pour avoir les infos. Les gens se sont réapproprié le club : on avait un côté immortel et on s’est aperçus que cela pouvait changer. Et puis dans la Région, en motif de fierté, le FCSM reste en tête.”
Pour Damien, ce qui a été fait en 2023, c’est un petit miracle, car la plupart des clubs qui ont eu des problèmes similaires sont morts et on voit qu'à l’avenir, ça risque d'être le résultat de nombreuses autres équipes. Bordeaux l’a encore démontré en 2024. Sochaux et Sociochaux resteront un exemple et pour que ça marche, il faut que ce soit petit et familial. Il considère d’ailleurs le maillot des Socios (que lui et son papa ont) comme une identité régionale. Sans compter le côté amusant de chercher son nom, mais aussi le nom de personnes connues ou d’autres sportifs. Toujours confiant même si une part d’inconnu demeure, Damien livre sans ambages sa vision de l’actualité lors de notre entrevue en 2024 : “C’est toujours fragile, il faut remonter dans un championnat très homogène. Et puis je ne mettais pas Jean-Claude Plessis sur un piédestal avant. Tout peut lui être pardonné désormais” (faisant référence à sa première présidence).
Pas de pincettes non plus sur Peugeot : “Je peux comprendre qu’une entreprise veuille définir d’autres objectifs, changer son image et dans ces changements, je peux entendre que le FCSM ne fait plus partie de l’aventure Peugeot. J’ai ressenti au moment de la vente une trahison pour un club historique. Je ne sais pas s'ils se sont rendus compte du mal qu'ils ont fait. J’ai arrêté de rouler avec leurs voitures. Et puis par la suite, tu apprends qu’ils n’ont pas vendu, ils ont bradé, ils s’en sont débarrassés… Ce n’est pas la vente en soi qui me dérange mais comment elle a été faite.”
Un soupçon de rancœur à travers la gorge, Damien passe le cap : si vous le croisez cette saison en déplacement, ou à Bonal pourquoi pas, nul doute que l’échange sera passionné !



