
Témoignage N°27 – Julien
02/05/2026Témoignage N°28 - Florian
Le projet "Cœur de Socios" vise à recueillir et partager les témoignages émouvants des supporters du FCSM, avec l'objectif de publier un recueil de 100 portraits pour célébrer les 100 ans du club en 2028.

Florian : les socios, le pouvoir DU peuple jaune et bleu
L'héritage de l'usine et du stade
Florian, si vous parcourez de temps en temps le Discord de Sociochaux, vous avez probablement lu un ou plusieurs de ses messages. Mais au-delà du “personnage” sur Discord, comme il le dit lors de l’interview, il est avant tout un fervent supporter du FC Sochaux, qu’il a connu très jeune, vers 7-8 ans. Son grand-père, ouvrier chez Peugeot, qui sortait peu de chez lui, allait au stade régulièrement, et lui a transmis cette passion.
Au-delà, c’était l’occasion de se retrouver en famille, avec son papa, qui n’était pas très foot, mais qui au retour de plusieurs de ses voyages a redécouvert le stade Bonal, accompagné de ses maman, frère et sœur pour compléter le groupe, principalement pour les gros matchs, comme Sochaux - Inter Milan en 2004. Bonal, c’est une des rares sorties familiales. En dehors du stade, il existe peu de moments où ils se retrouvent tous, entre générations, avec les sensations que cela procure, les discussions avant ou après le match, et l’émulation collective.
D’ailleurs, durant cet interview, Florian parle beaucoup de son grand-père. On sent que c’est quelqu’un d’important pour lui, et le FC Sochaux un lien en plus qu’il partageait à ses côtés. Il lui racontait des histoires avec Stéphane Paille, aimait comparer les joueurs comme Pedretti, Meriem, avec les joueurs de son époque, afin de faire revenir le petit Florian sur terre : “il avait des avis pertinents sur les joueurs du club. On voyait qu’il était content d’aller au stade. Souvent d’ailleurs, il y allait après la première mi-temps car c'était moins cher ou gratuit”.
De Fesches-le-Châtel aux parcages parisiens
Sochaux, c’est aussi la sortie en famille pour voir les entraînements sur les terrains de Chabaud ou Wembley. Et paradoxalement, en plus de Sochaux, la famille allait voir les matchs de Fesches-le-Châtel, en division d’honneur à l’époque : “autre stade, autre ambiance”.
Adolescent, l’amour du club a pris une autre dimension. Dès 12-13 ans, les discussions foot avec les copains étaient omniprésentes, et vers 15-16 ans, il commençait à aller seul au stade, en pleine période faste du club (2003-2004). "Je voulais être en populaire nord, proche du kop, vibrer au plus près de l’action."
Même lorsqu’il a vécu en Île-de-France, il ne ratait pas une occasion de voir Sochaux jouer, depuis les parcages des stades parisiens. Désormais, il fait le déplacement depuis Besançon où il vit et travaille (dans le domaine associatif sur les questions d’égalité homme/femme), pour aller voir entre 5 et 10 matchs par an, toujours en populaires.
Transmettre le virus en Kop Nord
Aujourd’hui, c’est à son tour de transmettre cette ferveur. Sa femme connaissait le FCSM avant de le rencontrer, mais c’est avec lui qu’elle a vraiment plongé dans l’univers sochalien. "On a vécu des déplacements ensemble, des moments en amoureux au stade." Un souvenir principal qu’il cite souvent durant notre entretien, est un déplacement à Nancy. Leurs enfants, 6 et 8 ans, commencent eux aussi à suivre les traces familiales, découvrant peu à peu l’atmosphère unique de Bonal. Malgré leur jeune âge, il continue d’aller en “Kop Nord”. Il tient d’ailleurs à souligner “qu’il n’a jamais eu de problème de sécurité”, même en présence de ses enfants. Il doit juste se “décaler pour leur permettre de voir le match”.
La forteresse Peugeot et son école de champions
Ce côté populaire, familial, ce sont les valeurs que Sochaux représente pour Florian, comme pour beaucoup d’entre nous. Mais il relève un détail : “ce qui marque à Sochaux, c’est que le stade est au milieu des usines, dans la forteresse Peugeot. C’est une histoire ouvrière, qui s'adresse à des classes populaires et d’entraide.”
D’ailleurs, on le retrouve dans l’effectif qu’on compose, on ne s’attend pas à de très grandes stars mais on a notre fierté avec le centre de formation, toujours classé aujourd’hui parmi les 20 meilleurs mondiaux. “Ça semble incroyable. on a une super école. On n’a pas le budget du PSG, on ne va pas recruter des stars mais on va en créer et on en forme peut-être plus aujourd’hui qu’il y a 20-30 ans”.
Il regrette qu’on n’ait pas pu garder plus longtemps des Thuram, des Konaté, mais “ça continue aujourd’hui avec Mendes, Daho. Nos meilleurs aboutissements sont avec les jeunes qu’on a formés”. Quels que soient les résultats sportifs, le FCSM est toujours un excellent centre de formation, avec un ancrage local, des joueurs du coin, produisant un jeu basé sur la solidarité, le collectif, un ballon qui tourne et des joueurs qui mouillent le maillot : “c’est fort ici”.
L'orage de 2023 : le réflexe du Socio numéro 21
Le club continue de jouer au milieu de la forteresse Peugeot, mais la marque s’en est allée. Au départ de Peugeot, Florian ne ressent pas le danger, vu que les résultats sportifs n’étaient pas très bons depuis quelques années, mais il se rend compte au fur et à mesure de l’ampleur de la blessure.
“La pire période, c’est sous Baskonia. Déjà pendant la gestion Ledus, on devient un club satellite de Alavés, avec des joueurs que personne ne connaissait. Ce n’était pas l'équipe qui donnait envie d’y aller, et au final, on avait un stade relativement vide, même si la TNS faisait le taf”.
Alors, quand l’orage est vraiment tombé et que le club a failli disparaître à l’été 2023, malgré sa tristesse, il n’a pas hésité une seconde : il a adhéré à Sociochaux immédiatement. "Ça ne peut pas s’arrêter. Mes enfants doivent pouvoir continuer à aller à Bonal comme moi." Pour lui, c’était une évidence. Ce club, c’est une histoire, une famille, un emblème de la région, un attachement à un territoire qui a déjà vu tant d’usines fermer. "Peugeot (la marque) nous abandonne, mais le peuple revient." Il en a voulu à quelques membres de sa famille qui n’ont pas participé : après tous ces matchs vécus ensemble, il ne comprenait pas qu’ils n’aient pas ce réflexe. Lui a réagi très tôt (on parle du socio numéro 21) afin de créer l’effet boule de neige.
“Ça a ravivé un passé, des souvenirs, des moments avec ma famille, mon grand-père, les chaussures jaunes de Vieri, les moments avec les amis lors des matchs contre Newscastle, Dortmund, ou encore Richert qui applaudit la tribune Nord.” Des souvenirs de son enfance lui reviennent : lorsqu’il attendait les joueurs, avec son petit carnet pour avoir des autographes ou encore Pedretti, qui habitait à 600m de chez lui, et qu’il n’a jamais osé approcher. “Je passais des heures à attendre et quand je le voyais, je n’osais pas aller lui parler”. Il a même ressorti un maillot de Jacques Faty qu’il a retrouvé durant cet été 2023. En plus du sportif, Florian voulait sauver ses souvenirs et son idée du stade.
Le renouveau : de l'enfer du National à la ferveur retrouvée
Même s’il n’a jamais été un actif de Sociochaux, le projet l’emballait, la création de ce nouveau modèle l’enchantait : “le FCSM ne sera plus dans les mains d’un seul actionnaire, mais dans les mains de Sociochaux et d’autres parties (entreprises, collectivités) locales”. Il trouvait la dynamique super intéressante. “La souscription fonctionne, les médias reprennent l’action, et on voit naître la tentative de Romain Peugeot, puis Jean-Claude Plessis.” “Plessis et Wantiez, ça rappelle de bons souvenirs.” D’ailleurs c’est lors de la première époque Plessis que Florian aura l’occasion de fouler la pelouse de Bonal, malgré les réticences de son papa.
En National, “on ne connaît pas les joueurs, donc on regarde sur TransferMarkt.” “La dynamique autour du club a changé, la fin de l’année 2023 a vu renaître le club. Déjà lors du premier match à domicile contre GOAL, on perd 3-0 et tout le monde reste, c’est un super moment. On commence à reconstruire”, puis contre Reims en coupe de France, c’est une ambiance qu’il n’avait jamais connue : "un truc de dingue. Une ferveur comme jamais." Il est désormais content de voir que toute cette énergie s'est transformée en actes.
Un nouveau modèle pour l'avenir
“Une chose super bien, c’est qu’on a désormais un droit de regard, et notre présence au conseil de surveillance” même s’il est un peu déçu que l’’on reste un club et une entreprise avec ses contraintes sur la communication et des sujets qui demanderaient plus de transparence à ses yeux.
Sur l’avenir, il espère, comme nous tous, qu’on va remonter, car selon lui “on n’est pas à notre place avec l’engouement, le stade, le public”. Le centre de formation le rassure. “C'est l’avenir du club. Les jeunes apportent des choses” et il aimerait que les jeunes du centre prennent plus de place dans le jeu.
Enfin, il espère aussi que Sociochaux prendra plus de place au sein de la gestion du club et il tient en fin d’interview à nous remercier pour le projet de témoignages, il trouve que c’est important, que ça représente l’idée d’un club populaire : parler des supporters, des jeunes, des féminines, aller au-delà des joueurs de l’équipe première.



