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Témoignage N°27 – Julien
02/05/2026Témoignage N°26 - Christophe & Gabin
Le projet "Cœur de Socios" vise à recueillir et partager les témoignages émouvants des supporters du FCSM, avec l'objectif de publier un recueil de 100 portraits pour célébrer les 100 ans du club en 2028.

En passant par la Lorraine avec Sochaux
L’histoire d’un père et d’un fils, résidant en terre nancéienne et unis naturellement dans la passion jaune et bleue.
Gabin et Christophe sont Nancéiens. Enfin, ils résident là-bas. Mais depuis belle lurette pour Christophe, plus fraîchement pour son fils, Gabin, 13 ans, ils sont INCONDITIONNELS du FC Sochaux-Montbéliard. Tout a commencé sur les cimes des Vosges natales de Christophe, dans les années 1980. Le FCSM, club phare de ce côté Sud, attire sa passion de jeune homme. Et puis son père est Franc-Comtois tout de même et spectateur assidu à Bonal. Donc “c’était Sochaux, c’était presque naturel. Et puis je n’aimais pas trop Nancy.” Aujourd’hui, Gabin partage (le terme est bien faible) une incandescente flamme qui le consume depuis… sa naissance. Son père l’évoque malicieusement : « Je le savais dès son arrivée, il allait aimer le foot. J’avais aussi placé un ballon de foot en aménageant sa chambre. »
Objectif Ligue 2
Les souvenirs de Christophe s’égrènent autour des années 1980, fleurent bon la coupe d’Europe, les albums Panini et Olivier Baudry : « j’étais au collège avec lui, on était copains et il nous donnait aussi une raison supplémentaire de soutenir le FCSM. On regardait Téléfoot, suivait la coupe de l’UEFA. Ce sont mes premiers souvenirs, Djaadoui, Rust, Ivezic, Stopyra... Mes parents m’ont emmené à un Sochaux-PSG aussi, cela m’avait marqué. Plus tard, avoir ma propre voiture m'a permis d'aller plus souvent au stade. »
Aujourd’hui, malgré la pression constante de Gabin, venir à Bonal reste assez exceptionnel. L’éloignement entre Nancy et Montbéliard reste un obstacle à une fréquentation totale souhaitée ardemment par Gabin : « Si je l’écoutais, on irait à tous les matchs ! Et évidemment, si ce n’est pas le cas, direction FFFTV et France Bleu Belfort-Montbéliard. »
Gabin, de son côté, à l’écoute des mots de son papa, complète, ajoute, remarque… et surtout étonne par sa culture club pour un gamin de 13 ans : « Je supporte le FCSM depuis l’âge de 7 ans même si j’habite à Nancy. Mon dernier cadeau de Noël, c’est mon adhésion à Sociochaux. Mon dernier cadeau d’anniversaire, le maillot des socios. Cette année (2024), j’ai renouvelé l’adhésion avec mon argent de poche. Et j’espère que Sochaux va remonter en Ligue 2. »
Clair, net, précis quant à savoir les passions du jeune homme, teintées de jaune et bleu. « Mon premier match, lors de la saison 2018/2019, était une défaite à domicile contre Orléans (0-1) puis suit un Nancy-Sochaux (0-0). Vraiment pas des grands matchs ! C’est plus plaisant aujourd’hui qu’en Ligue 2, cela a bien évolué. » Gabin est lancé. Christophe, à ses côtés, semble osciller entre fierté et incrédulité, tellement la passion de son fils pour le club, son club, l’impressionne. Et nous aussi.
La passion au quotidien !
« Quand j’étais petit, j’avais une peluche Sochalion avec le numéro 10. Depuis, chaque année, je regarde l’attribution du 10 », précise Gabin. « Et puis comme beaucoup de ma génération, la coupe du Monde 2018, c’est le début concret de ma passion pour le foot. Et Sochaux… c’était naturel. » dit-il en portant son regard reconnaissant vers Christophe.
Toutefois, un autre club revient souvent sur le tapis, vous l’avez bien compris, il s’agit de Nancy. Dans son quotidien, avec ses copains, au collège, Gabin porte haut et fort les couleurs sochaliennes. Avec courage, persévérance, il défend sa cause noblement : « Sochaux une fois a pris 4-0 à Picot (mars 2019). Le lundi, je ne voulais plus aller à l’école mais je suis toujours fier d’être sochalien. La saison dernière, je me suis fait chambrer (défaite 2-3 à Bonal le 13/09/2024). Par mes profs aussi ! Je suis vu comme celui qui supporte le FCSM. Mais plusieurs collégiens sont aussi au centre de formation du club, cela aide », sourit-il. Une telle fidélité relève de l’exploit dans ce contexte. Et ce n’est pas fini !
Gabin, de sa propre initiative, découvre l’histoire du FCSM, pour aujourd’hui en être un fin connaisseur, au même titre, voire mieux qu’un supporter fréquentant Bonal depuis des lustres. Il évoque, en premier lieu, ce qui est relié aux souvenirs de son papa : « J’ai regardé les matchs de la coupe de la Ligue 2004, des coupes de France et Gambardella en 2007. Je n’avais pas compris pourquoi le public de Bonal applaudissait Le Tallec, joueur d’Orléans en 2018 pour mon premier match » rigole-t-il. "Sur le frigo, j’ai des magnets de l’effectif 2004-2007, Frau, Pedretti, Richert. Depuis tout petit, à chaque repas je les ai sous les yeux". Une porte ouverte que le jeune homme n’a pas hésité à franchir.
Gabin, un gamin qui refait l’Histoire !
Gabin, poussé par sa passion naissante, remonte le temps : « Le FCSM, c’est le premier club pro. C’est encore un club historique, le premier aussi à avoir un centre de formation. Mon père m’a raconté, j’ai cherché, j’ai regardé et désormais je m’intéresse à l’histoire du foot et du club. Je regarde même les vidéos des gens qui jouent à FIFA avec le FCSM ! » Derrière Gabin et Christophe, deux cadres photos grand format : une vue aérienne de Bonal et la une de l'Équipe en 2007 avec le titre « Sochaux dompte l’OM ». Et Gabin commente : « La une de l’Equipe, c’est assez fort. J’aime encore bien les versions papier ». Déconcertant on vous dit.
L’été 2023 ne tarit pas notre observateur avisé : « J’ai chambré les Nancéiens car ils avaient été rétrogradés un jour plus tôt. Je les ai soutenu aussi en leur disant que si cela se trouve, demain je serai dans le même état qu’eux. Je m’y attendais mais je l’ai très, très mal vécu. J’étais à fond. » Peu de temps avant, en avril, Gabin participe au tournage d’« Une saison en or », un web documentaire monté par le club pour célébrer les 20 ans de la saison 2003-2004 et censé faire la promotion de la campagne d'abonnements à venir. « L’épisode 8, le premier où j’apparais, est sorti le jour où l’on est relégué par la DNCG. Personne ne l’a vu. » Christophe complète : « Cela va aller me disais-je. Et puis, je constate que l’argent n’arrive pas avec Samuel Laurent. Ensuite, j’y ai cru de nouveau avec Romain Peugeot aussi. Gabin suivait seconde par seconde. Les gens, les soutiens populaires, l’engouement, j’ai trouvé cela beau et triste à la fois, très fort. »
C’est Gabin qui informe son père depuis le Sud où il est en vacances. Les pires scénarios sont envisagés : « C’était tellement triste ! Le soir, on se dit que c’est mort. Est-ce que je vais laisser mes décorations ? Mais je connaissais un peu Jean-Claude Plessis et je me disais que l’on n’était peut-être pas mort. Alors quel soulagement le 17/08/2023 à 16h52, quand le départ en National est validé. L’angoisse des vacances est terminée. » Les liens avec le FCSM n’ont fait que se renforcer même si Christophe et Gabin ont eu très peur.
« Est-ce que l’on ira encore à Bonal ? Est-ce que l’on va pouvoir regarder encore les matchs ensemble avec mon père ? » s’est questionné Gabin qui dans la foulée de la validation du projet " Plessis-Wantiez -Cordonnier" a même cru à la remontée. « On a payé un peu le parcours en coupe de France mais c’était tellement magique. Sochaux-Reims, j’ai dû regarder le résumé 20 ou 30 fois ! On espère que la dynamique s’est enclenchée et que l’on va remonter en Ligue 2 le plus vite possible“. "Et si Nancy pouvait s’écrouler..." ajoute son père du bout des lèvres.
La distance de Bonal n’est finalement qu’anecdotique. Dès qu’ils le peuvent, Christophe et Gabin n’hésitent pas à rejoindre le Pays de Montbéliard. Mais depuis Nancy, le Gabin-gamin-historien, capable de citer Etienne Mattler comme l’un des joueurs emblématiques, rêve, rêve jaune et bleu. Et Christophe ajoute avec autant d’espoir que son fils : « Gabin veut voir la Ligue 1. C’est notre place. »



